Quand Éléonore rencontre les œuvres de Sébastien Alibert

Dès que l’on entre dans la salle où sont exposées les œuvres de Sébastien Alibert, un personnage nu, au fond de la salle, retient mon attention, celui au visage doré. Plus haut que les autres, il a un air effrayé, ou surpris. La nudité me fait penser à quelque-chose de pur, sans artifice.

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Devant lui, à terre, une poule morte.
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C’est l’oeuvre que je préfère (Golden age). Je la trouve à la fois drôle et tragique. Je ne savais pas si elle était animale ou robotisée. J’imaginais des pièces mécaniques à l’intérieur.Elle pond des œufs, épuisée de son triste sort. 

Deux personnages l’observent. Celui de gauche a l’air triste, il est assis, le dos voûté. Il a comme des épines qui lui pousse sur les jambes. Je pense à un de mes rêves, dans lequel une vieille dame se transformait en arbre. Ce rêve était une belle image de la mort, la femme se retrouve avec (dans) la nature, comme une renaissance. Mais ici, le personnage évoque l’emprisonnement, l’enfermement, comme si le temps qui passe était lassitude. Le personnage de droite est assis. Plus âgé, il semble fatigué.

 

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L’oeuvre située à l’entrée de la salle est une de mes favorites. Elle me fait penser à un masque à trois facettes, un trésor retrouvé dans une contrée lointaine.

 

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Au fond de la salle, un personnage est en train de marcher, s’appuyant sur un bâton, persévérant, luttant contre lui-même.

N’est-ce pas un peu ce que l’on mène tous ? Un combat avec soi-même, pour soi-même.

 

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Plus loin deux personnages figés dans la chute, comme suspendus dans le temps, dans un mouvement auquel on ne prête pas attention habituellement.  OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Quand on tombe, on se relève aussitôt. Ici, les corps sont crispés, en tension. La beauté des gestes me rappelle des mouvements de danse.

 

À la droite de l’entrée, un personnage au visage blanc et mou.

RIl sort de son oreille un énorme bloc grisâtre.
Comme dans un rêve, tout est déformé, surréaliste. Le visage fond, flasque, en dehors de la réalité, endormi, tandis que se déploie ce bloc informe. On pourrait penser qu’il ne s’arrêtera pas de grossir. On est dans un temps imperceptible, infini, où ce qui nous échappe habituellement devient visible.

 

L’oeuvre intitulée « La mue », est très belle. Un personnage tirant sa peau. Quelle peau ? Le vêtement ou la peau qui nous constitue ? Pourquoi l’enlève t-il ? Il ne OLYMPUS DIGITAL CAMERAla (se) supporte plus ? Il aimerait être quelqu’un d’autre ? Peut-être qu’il n’est pas vraiment lui-même…

Que cherche t-il ? Peut-être cherche-t-il un autre lui-même.Peut-être que l’on est pas réellement ce que l’on croit être…

 

 

 

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Dans la salle noire, un buste d’homme réalisé en paraffine, aux traits expressifs, le visage dur. Une petite flamme illumine la tête. Et la dévore.

Il disparaîtra progressivement, à la lueur des bougies, le visage nous fixant, jusqu’à la chute de la tête sur le sol. Un rapport à la mort, au temps.

 

Les œuvres de Sébastien Alibert me font réfléchir, avec une expression forte, intense et avec beaucoup de précision, sur la condition humaine. Je pense que chacun d’entre nous peut se reconnaître dans les personnages, au moins un peu. Ils sont comme un reflet d’une partie de notre humanité, que l’on refoule, que l’on ne veut pas voir, que l’on a pas l’habitude de montrer. L’artiste pointe du doigt ce qui, bien souvent, ne doit pas être affiché aux autres. C’est un peu comme révéler, affirmer, ce qui fait de nous des êtres imparfaits.

 

 

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9 juillet 2016 -Vernissage de l’exposition : un succès

Le samedi, à partir de 17h30, Maryvonne Crépinge, Georges Bruchet et touté l’équipe ont été heureux d’accueillir les quelques soixante-dix visiteurs venus découvrir les oeuvres de Sébastien Alibert (sculpteur) et de Jacques Prud’homme (photographe).


OLYMPUS DIGITAL CAMERASébastien Alibert devant son oeuvre « Tutuguri » (terre cuite et feuille d’or) 

Ce qui intéresse Sébastien Alibert dans la sculpture, c’est avant tout le rapport avec la matière, physique et brutal, qui est pour lui un exutoire.
Il utilise des techniques variées telles que la taille sur pierre, le modelage, le coulage de bronze. Ce dernier travail est assez long, divisé en étapes distinctes : du moulage jusqu’à la sortie d’une épreuve en cire, destinée par la suite à la fonderie pour la réalisation de la sculpture.Sébastien Alibert est un touche-à-tout, mais son rapport avec la sculpture est précis et puissant. A travers ses oeuvres, qu’il dote d’une forte tendance expressionniste, il nous touche et nous renvoie à des émotions profondes.

Jacques Prud’homme, photographe de sténopé

Le très beau travail de Jacques Prudhomme évoque un univers proche du surréalisme.

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Dans l’exposition qui se tient à la Châtelaine, les photographies présentées ont pour thématique la ville de Saint-Etienne. Elles surgissent parfois d’un accident – un chien renverse en courant la canette et transforme l’image -, ou d’expérimentations que Jacques Prud’homme « bricole » toujours à la recherche de nouvelles façons de voir le monde.

Ses photographies transcendent notre rapport au quotidien et nous amènent à observer de manière plus poétique l’espace urbain.