L’atelier « peintre avec ses doigts »

S’inspirant de Marika, Eléonore a proposé vendredi 26 août deux ateliers de « peinture avec les doigts », un pour les enfants et un destiné aux adultes.  L’atelier a eu lieu dans la petite cour située au 12 rue de la Chatelaine.

Du papier, de la gouache et ses doigts… Et une grande facilité à créer, en direct avec ses émotions, ses humeurs, ses préoccupations PML

Question : sauriez-vous reconnaître les dessins des enfants (de 3 ans et demi à 11 ans) et des adultes ?

 

 

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Quand Éléonore rencontre les œuvres de Marika…

Les œuvres de Marika m’évoquent un sentiment d’inquiétude. Ses personnages m’intriguent, m’attirent, mais je ne saurais expliquer clairement pourquoi. Ils semblent empreints de magie, sortis de rêves étranges, évoquant à la fois douceur et tristesse.

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Certains ont des yeux sans pupille, ils semblent vidés intérieurement, un peu perdus. On distingue beaucoup de personnages féminins, et des enfants difficiles  à repérer. Les personnages féminins ont un côté protecteur, mais paraissent parfois tristes. Souvent, deux personnages semblent en grande proximité – la mère et la fille, ou bien deux sœurs. Cela me touche particulièrement, c’est comme une fusion, un amour inconditionnel.

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J’aime beaucoup une des peintures où la mère pose une main sur la tête d’une petite fille, cette dernière semble apaisée.

Sur le grand format, à gauche et en haut, un ange noir semble vouloir retenir une femme endormie, qui elle, porte une robe blanche. Une fillette tombe, la tête la première.

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Tout en haut, une petite tête qui ressemble à un lutin. A droite, deux fillettes avec des ailes d’anges, et sur leurs têtes, comme des cornes qui poussent, de couleur orange. Elles flottent dans l’espace, heureuses d’être ensemble. Rien, autour d’elles, ne peut rompre leur union.

Des visages surgissent, nous fixant, comme pour parler, affirmer leurs présences. Ils sont noirs de peau, les yeux parfois blancs, un peu comme des fantômes.

Une femme englobe dans sa robe noire, une autre femme avec une longue chevelure blanche, comme si cette dernière séjournait à l’intérieur du corps de l’autre

. A gauche de l’oeuvre, une grande femme noire est protégée par un voile blanc. Elle semble une magicienne avec son grand chapeau noir légèrement pointu. Peut-être s’agit-il d’un haut chignon ? Elle observe cette femme qui ferme les yeux, au centre de la peinture. Cette dernière semble centrée sur elle-même. Elle paraît sereine, contrairement aux autres personnages. Ses mains sont posées sur ses cuisses, comme pour se protéger. Ses cheveux sont gris. A sa droite, une femme semble désorientée, salie, la paume de la main tournée vers le haut. Elle paraît jeune et vieille à la fois, comme si son corps était resté dans l’enfance, quand son esprit avait déjà vécu tant de choses.

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Dans ce tableau, comme souvent  dans cette série exposée, les cheveux des femmes remontent  vers le haut. Les créatures blondes semblent légères, elles volent. L’une d’elles a des ailes, on dirait un ange. Une autre m’intrigue : elle a un œil au niveau du cou. Ses cheveux s’élèvent vers une autre femme, qui a l’air plus jeune. Elle paraît heureuse. Toutes sont gracieuses, féminines. Leurs cheveux sont comme des liens, ondulant les uns vers les autres. Les femmes qui ferment les yeux semblent réconciliées avec elles-mêmes, avec autrui ?Quand d’autres paraissent déconnectées, cherchant encore …
Est-ce moi qui invente des histoires ? Peut-être.

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Sur un carton vertical, une femme-animal semble revenir de loin, avec une petite sur le dos. Elles nous regardent, disant « Hey ! Nous revoilà ! », comme après un long voyage… La mère a comme deux antennes sur la tête à la place des cheveux.

Ici, les personnages à gauche me font penser à une tribu. Ils sont proches, collés les uns aux autres. Ils ont l’air soudés, et ce sont plutôt des personnages masculins.

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Je distingue un androgyne. Il a un regard dur, et je n’arrive pas vraiment à distinguer s’il a des cheveux longs ou courts. A sa droite, un autre personnage, large d’épaules. A gauche, des personnages plus maigres. Une petite fille ange porte un soleil sur son pied droit, je trouve cela très poétique. C’est un peu comme si elle diffusait de la lumière vers les autres, comme une lueur d’espoir.

Tous ces personnages, ne font-ils pas partie d’une même famille ? Ou bien de plusieurs familles ? Une ou des familles à reconstituer, à rassembler ? Je réinvente ma propre histoire à travers eux.                                                                                                                              

Une chose est certaine, ils ne laissent pas indifférents. Ils nous invitent à plonger dans notre intériorité, notre intimité, laissent parler notre imaginaire et notre inconscient.

13 août 2016… les oeuvres d’Eric Jousserand se prélassent au soleil

Les belles céramiques d’Eric Jousserand, travaillées par la cuisson au raku semblent sensibles à la chaleur du soleil d’été de Saint-Bonnet.  La matière, les gris, les formes rondes éclatent sous la lumière et permettent de découvrir une oeuvre pleine de vie et de hasards.

Photos : Eleonore Plard

 

 


Technique du raku : La technique du raku yaki est un procédé de cuisson. Les pièces incandescentes peuvent être enfumées, trempées dans l’eau, brûlées ou laissées à l’air libre. Elles subissent un choc thermique important. La multitude des paramètres mis en jeu permet d’obtenir des résultats variant à l’infini, ce qui confère à la pièce, entièrement réalisée manuellement, la qualité d’objet unique.
Sources : wikipedia


 

 

14 août 2016 – Rencontre avec Françoise Grataloup, peintre

Son travail de création ne s’inscrit jamais dans un « style définitif ». Il s’effectue généralement par séries, d’une dizaine de formats. Le jeu de matières constitue un élément récurrent dans sa démarche. Après une préparation minutieuse, le travail s’effectue par strate, simultanément sur les différents formats, à l’exception de la composition du collage, déterminante pour l’équilibre de l’oeuvre finale. Ces collages sont réalisés à l’aide d’affiches soigneusement choisies puis prélevées, à la manière des Décollagistes. Dans d’autres cas, il s’agit de papiers réalisés à part, à l’aide de différents outils et médiums, spécialement pour la série en cours. De ce travail, est née une exposition d’une belle unité, chaleureuse et équilibrée.

« Nul besoin de figurer: ma peinture est abstraite, avec un souci permanent de recherche d’équilibre. C’est le jeu de matières qui constitue la base de mon travail: acrylique, encre, pigments et collages en sont les principaux éléments. »

Inspirée dans cette série par les couleurs de l’Inde et sa grande diversité sociale, la peinture de Françoise Grataloup, riche et élaborée, nous offre de belles plages de bleu et d’ocre, où se superposent en une transparence sensible toute une gamme de dégradés.


Françoise Grataloup parle ici de sa démarche artistique, de son travail, de son rapport à la création. 

Entretien réalisé le 6 août 2016 à Saint-Bonnet-Le-Château par Eléonore Plard

 

 

6 août 2016 -Vernissage de l’exposition du mois d’août

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Nouveau vernissage au 12 et 13 rue de la Châtelaine ce samedi 6 août en présence d’une quarantaine de personnes.

Durant tout le mois-d’août, Maryvonne Crépinge et l’équipe de Regards Sur recoivent 3 invité(e)s : deux femmes peintres, Françoise Grataloup et Marika, et un sculpteur céramiste, Eric Jousserand. La première vit au nord de Lyon, la seconde tout près du Puy-en-Velay et le troisième à Yssingeaux.

Nombreux, et intéressés, les visiteurs sont longuement discuté avec les artistes de leur création, des raisons pour lesquelles, tout d’un coup, on change de vie pour ne faire plus que de l’art. Car les trois artistes, si leur style est très différent et très personnel, ont tous en commun d’avoir un jour délibérément choisi de se tourner vers la peinture ou la sculpture.

Une ambiance conviviale a rassemblé une soixantaine de personnes au sein de laquelle on a pu apercevoir d’autres artistes comme Marie Jo Rouvière qui exposait l’an dernier au 12 rue de la Châtelaine.

 


Au 12 rue de la Châtelaine, on pouvait découvrir les oeuvres de Françoise Grataloup, au couleur de l’Inde, nouvelle série de cette peintre lyonnaise qui travaille par série de 10 tableaux, déclinant sous plusieurs formats une palette riche et soyeuse inscrustée de collages d’affiches de rue retravaillés.

 

Au 13 rue de la Châtelaine, Marika offrait à son public toute une série d’impressionnantes « créatures », étrange famille féminine en noir et blanc et doré.

Enfin, pour l’accompagner, Eric Jousserand proposait dans la partie intérieure de l’espace, comme au coeur d’une grotte, un bel ensemble de céramiques présentant quelques similitudes dans la forme avec de très grosses »dents de mamouth ».

 

12 Juillet 2016 – rencontre avec… Sebastien Alibert

Découvrir l’entretien réalisé par Eléonore Plard (Juillet 2016)

alibert_juillet2016Après un CAP et un bac professionnel en artisanat d’art à Aurillac, il fait trois ans à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Saint-Etienne et termine avec un BTS en communication visuelle.
Il exerce le métier de sculpteur et peintre, disciplines qu’il enseigne également à des publics adulte et enfant.
Il dit ne pas avoir de démarche artistique calculée. Néanmoins il travaille principalement la figure humaine, où il évoque toutes sortes d’émotions (solitude, désaroi, mise à nu), avec une touche onirique. Il dit « qu’il crée ce qu’il a envie, sans ligne directrice ».

Ses influences artistiques viennent beaucoup du cinéma, principalement italien (Pasolini, Antonioni). Néanmoins, il se nourrit de l’influence d’artistes très divers.
Ce qui l’intéresse dans la sculpture, c’est avant tout le rapport avec la matière, physique et brutal, qui est pour lui un exutoire. Il utilise des techniques variées telles que la taille sur pierre, le modelage, le coulage de bronze. Ce dernier travail est assez long, divisé en étapes distinctes : du moulage jusqu’à la sortie d’une épreuve en cire, destinée par la suite à la fonderie pour la réalisation de la sculpture.

Sébastien Alibert est un touche-à-tout, mais son rapport avec la sculpture est précis et puissant. A travers ses oeuvres, qu’il dote d’une forte tendance expressionniste, il nous touche et nous renvoie à des émotions profondes.

 

 

 

10 Juillet 2016 – Rencontre avec Jacques Prudhomme


Jacques Prud’homme a fait des études artistiques aux Beaux-Arts de Saint-Etienne en communication visuelle.

Graphiste de métier mais photographe autodidacte, il se consacre maintenant entièrement à cette activité, qu’il pratique en professionnel. Il travaille plus spécialement la photographie au sténopé depuis l’année 2004. C’est un réfugié chilien croisé dans les années 1990, et qui pratiquait cette technique pour gagner sa vie, qui lui fait découvrir le sténopé.

Pour réaliser ses sténopés Jacques Prud’homme utilise des canettes de boissons qu’il récupère et prépare. Si pour lui, le sténopé ressemble à un jeu d’enfant, ce qui l’intéresse, c’est le lâcher prise, ne pas être dans un désir de maîtrise absolue.

Dans l’exposition qui se tient à la Châtelaine, les photographies présentées ont pour thématique la ville de Saint-Etienne. Elles surgissent parfois d’un accident – un chien renverse en courant la canette et transforme l’image -, ou d’expérimentations que Jacques Prud’homme « bricole » toujours à la recherche de nouvelles façons de voir le monde.

Il explique qu’il « aime réaliser des photographies qui relèvent plus de la poésie que du reportage ». Il ajoute qu’il « n’aurait pas aimé être photographe professionnel et devoir répondre à des commandes ». Pour lui, la photographie doit être ludique.
Entre magie et mystère, l’humble et beau travail de Jacques Prudhomme évoque un univers proche du surréalisme. Ses photographies transcendent notre rapport au quotidien et nous amènent à observer de manière plus poétique l’espace urbain.

Entretien avec Jacques Prudhomme (Eleonore Plart)