Une oeuvre transparente

Anne Philippe a passé quelques semaines parmi nous comme stagaire. Etudiante aux Beaux-arts d’Angers, elle est plutôt attirée par les installations et la sculpture. Mais la photographie ne la laisse pas indifférente.

Cet été, elle s’est tout particulièrement intéressée à une très belle oeuvre en bois de Roger Benoit.

 

 

 

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Le KCAT, formidable centre d’art et d’études pour personnes différentes

 

En partenariat avec le centre d’art et d’étude KCAT (Kilkenny Collective for Arts and Talent), l’association Regards Sur, présente pendant le mois de juillet une exposition des artistes irlandais Mary Cody et Andrew Pike.

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Fondé en 1999, ce centre d’art,  est situé à Kilkenny en Irlande.  C’est un lieu axé sur l’art thérapeutique, qui s’efforce de créer un environnement dans lequel artistes, acteurs et étudiants de différents milieux peuvent cohabiter et travailler ensemble.

Promu par la communauté Camphill, le KCAT a dans un premier temps fait partie du EU horizon Program.

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Le centre met à disposition de ses membres, qu’ils soient handicapés ou non, une variété de cours et de studios pour stimuler leurs créativités (peinture, théâtre, céramique, dessin, photographie, sculpture, dance…).

Dans ces espaces réserver au développement personnel et artistique, où chacun travail à son propre rythme, les étiquettes n’ont pas lieu d’être. Les résidents sont encouragés à exercer leur art sous la forme et de la manière qu’ils désirent.

Les artistes sont encadrés par des mentors qui les guident dans tous les aspects de leur vie professionnelle. Fortement impliqué dans le domaine de l’art aussi bien sur le plan local qu’international, le KCAT s’intéresse au débat de « l’outsider/insider art ».

Mary Cody et Andrew Pike font partie du studio du KCAT, l’espace dédié aux artistes plasticiens.

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L’art dans tous ses états – Le projet de l’été 2017

Téélchargez le programme de l’été

En 2017, deux ou trois choses auxquelles nous croyons fermement

La découverte de l’art (contemporain ou pas) est une belle manière de rencontrer l’autre, les autres, qu’ils soient d’ici, d’ailleurs ou différents, et de se confronter avec la diversité et la complexité du monde des humains.

C’est pourquoi, en 2017, nous élargissons notre territoire d’exploration et proposerons cet été,  un regard sur l’art brut (en partenariat avec le KCAT), une ouverture à l’Europe avec l’invitation à exposer du peintre berlinois Manfred Schling, une exposition d’une jeune vidéaste (première expo vidéo à Regards Sur !), et toujours des représentants de l’incroyable vivacité de la création en France et dans notre région avec deux de ses représentants.

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Eleonore Plard – Vidéo « La lutte finale »

 

Vidéo, peinture, animation, sculpture, Irlande, art brut, handicap, Berlin, ateliers pour les jeunes, voilà quelques-uns des mots clés du projet 2017, L’art dans tous ses états, un projet qui veut inviter le public à rencontrer l’art contemporain, dans toutes ses formes et venu d’horizons proches ou lointains.  

Quelques détails en attendant plus !

  • La rencontre avec l’art brut avec la présentation des oeuvres de Mary Cody (peintre) et de Andrew Pike (créateur d’animations), tous deux résidents au KCAT, un centre d’art thérapeutique irlandais situé à Kilkenny (Irlande) et dédié aux personnes handicapées ;
  • la peinture en noir et blanc de Laurent Karagueuzian, un jeune artiste qui vit dans la Loire ;
  • une exposition des dernières oeuvres Manfred Schling, peintre berlinois représentant de la peinture informelle allemande, qui aime et connait bien la France ;
  • l’invitation d’Eleonore Plard, jeune vidéaste de Mayenne qui en sus de l’exposition animera un atelier vidéo en août pour les enfants et adolescents ;
  • et l’étonnant travail sur bois de Roger Benoit, sculpteur marseillais.
Mary Cody 4 -Sun coming up 600mmX600mm 2013
Mary Cody – Acrylique
05 - Delt - 2016 - 30x24 - Mischrechnik Leinwand
Manfred Schling

 

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Laurent Karagueuzian

 

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Roger Benoit

 


En maintenant, nos petits soucis d’organisation ! 

Jusqu’à maintenant, et depuis 9 ans, les expositions étaient organisées au 12 rue de la Châtelaine, espace mis à disposition depuis des années par la SCI Crépinge, et au 13 rue de la Châtelaine, jusqu’à présent généreusement prêtée par la Mairie de Saint-Bonnet-Le-Château.

Cette année, le 12 rue de la Châtelaine reste à la disposition de notre action, mais malheureusement le 13 – le lieu relevant de la gestion municipale – semble voué à d’autres actions.

Nous voilà donc à la recherche active d’un autre espace pour présenter les artistes avec qui nous nous sommes engagés pour l’été, et notamment MaryC Cody et l’art brut, Eleonore Plard et Roger Benoit.  

Mais qu’à cela ne tienne, plusieurs pistes s’ouvrent déjà à nous. Et soyez certain(e)s que cette nouvelle donne nous permettra d’inventer un nouveau mode de rencontre du public. A suivre. 

13 août 2016… les oeuvres d’Eric Jousserand se prélassent au soleil

Les belles céramiques d’Eric Jousserand, travaillées par la cuisson au raku semblent sensibles à la chaleur du soleil d’été de Saint-Bonnet.  La matière, les gris, les formes rondes éclatent sous la lumière et permettent de découvrir une oeuvre pleine de vie et de hasards.

Photos : Eleonore Plard

 

 


Technique du raku : La technique du raku yaki est un procédé de cuisson. Les pièces incandescentes peuvent être enfumées, trempées dans l’eau, brûlées ou laissées à l’air libre. Elles subissent un choc thermique important. La multitude des paramètres mis en jeu permet d’obtenir des résultats variant à l’infini, ce qui confère à la pièce, entièrement réalisée manuellement, la qualité d’objet unique.
Sources : wikipedia


 

 

12 Juillet 2016 – rencontre avec… Sebastien Alibert

Découvrir l’entretien réalisé par Eléonore Plard (Juillet 2016)

alibert_juillet2016Après un CAP et un bac professionnel en artisanat d’art à Aurillac, il fait trois ans à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Saint-Etienne et termine avec un BTS en communication visuelle.
Il exerce le métier de sculpteur et peintre, disciplines qu’il enseigne également à des publics adulte et enfant.
Il dit ne pas avoir de démarche artistique calculée. Néanmoins il travaille principalement la figure humaine, où il évoque toutes sortes d’émotions (solitude, désaroi, mise à nu), avec une touche onirique. Il dit « qu’il crée ce qu’il a envie, sans ligne directrice ».

Ses influences artistiques viennent beaucoup du cinéma, principalement italien (Pasolini, Antonioni). Néanmoins, il se nourrit de l’influence d’artistes très divers.
Ce qui l’intéresse dans la sculpture, c’est avant tout le rapport avec la matière, physique et brutal, qui est pour lui un exutoire. Il utilise des techniques variées telles que la taille sur pierre, le modelage, le coulage de bronze. Ce dernier travail est assez long, divisé en étapes distinctes : du moulage jusqu’à la sortie d’une épreuve en cire, destinée par la suite à la fonderie pour la réalisation de la sculpture.

Sébastien Alibert est un touche-à-tout, mais son rapport avec la sculpture est précis et puissant. A travers ses oeuvres, qu’il dote d’une forte tendance expressionniste, il nous touche et nous renvoie à des émotions profondes.

 

 

 

Quand Éléonore rencontre les œuvres de Sébastien Alibert

Dès que l’on entre dans la salle où sont exposées les œuvres de Sébastien Alibert, un personnage nu, au fond de la salle, retient mon attention, celui au visage doré. Plus haut que les autres, il a un air effrayé, ou surpris. La nudité me fait penser à quelque-chose de pur, sans artifice.

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Devant lui, à terre, une poule morte.
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C’est l’oeuvre que je préfère (Golden age). Je la trouve à la fois drôle et tragique. Je ne savais pas si elle était animale ou robotisée. J’imaginais des pièces mécaniques à l’intérieur.Elle pond des œufs, épuisée de son triste sort. 

Deux personnages l’observent. Celui de gauche a l’air triste, il est assis, le dos voûté. Il a comme des épines qui lui pousse sur les jambes. Je pense à un de mes rêves, dans lequel une vieille dame se transformait en arbre. Ce rêve était une belle image de la mort, la femme se retrouve avec (dans) la nature, comme une renaissance. Mais ici, le personnage évoque l’emprisonnement, l’enfermement, comme si le temps qui passe était lassitude. Le personnage de droite est assis. Plus âgé, il semble fatigué.

 

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L’oeuvre située à l’entrée de la salle est une de mes favorites. Elle me fait penser à un masque à trois facettes, un trésor retrouvé dans une contrée lointaine.

 

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Au fond de la salle, un personnage est en train de marcher, s’appuyant sur un bâton, persévérant, luttant contre lui-même.

N’est-ce pas un peu ce que l’on mène tous ? Un combat avec soi-même, pour soi-même.

 

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Plus loin deux personnages figés dans la chute, comme suspendus dans le temps, dans un mouvement auquel on ne prête pas attention habituellement.  OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Quand on tombe, on se relève aussitôt. Ici, les corps sont crispés, en tension. La beauté des gestes me rappelle des mouvements de danse.

 

À la droite de l’entrée, un personnage au visage blanc et mou.

RIl sort de son oreille un énorme bloc grisâtre.
Comme dans un rêve, tout est déformé, surréaliste. Le visage fond, flasque, en dehors de la réalité, endormi, tandis que se déploie ce bloc informe. On pourrait penser qu’il ne s’arrêtera pas de grossir. On est dans un temps imperceptible, infini, où ce qui nous échappe habituellement devient visible.

 

L’oeuvre intitulée « La mue », est très belle. Un personnage tirant sa peau. Quelle peau ? Le vêtement ou la peau qui nous constitue ? Pourquoi l’enlève t-il ? Il ne OLYMPUS DIGITAL CAMERAla (se) supporte plus ? Il aimerait être quelqu’un d’autre ? Peut-être qu’il n’est pas vraiment lui-même…

Que cherche t-il ? Peut-être cherche-t-il un autre lui-même.Peut-être que l’on est pas réellement ce que l’on croit être…

 

 

 

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Dans la salle noire, un buste d’homme réalisé en paraffine, aux traits expressifs, le visage dur. Une petite flamme illumine la tête. Et la dévore.

Il disparaîtra progressivement, à la lueur des bougies, le visage nous fixant, jusqu’à la chute de la tête sur le sol. Un rapport à la mort, au temps.

 

Les œuvres de Sébastien Alibert me font réfléchir, avec une expression forte, intense et avec beaucoup de précision, sur la condition humaine. Je pense que chacun d’entre nous peut se reconnaître dans les personnages, au moins un peu. Ils sont comme un reflet d’une partie de notre humanité, que l’on refoule, que l’on ne veut pas voir, que l’on a pas l’habitude de montrer. L’artiste pointe du doigt ce qui, bien souvent, ne doit pas être affiché aux autres. C’est un peu comme révéler, affirmer, ce qui fait de nous des êtres imparfaits.