L’art dans tous ses états – Le projet de l’été 2017

Téélchargez le programme de l’été

En 2017, deux ou trois choses auxquelles nous croyons fermement

La découverte de l’art (contemporain ou pas) est une belle manière de rencontrer l’autre, les autres, qu’ils soient d’ici, d’ailleurs ou différents, et de se confronter avec la diversité et la complexité du monde des humains.

C’est pourquoi, en 2017, nous élargissons notre territoire d’exploration et proposerons cet été,  un regard sur l’art brut (en partenariat avec le KCAT), une ouverture à l’Europe avec l’invitation à exposer du peintre berlinois Manfred Schling, une exposition d’une jeune vidéaste (première expo vidéo à Regards Sur !), et toujours des représentants de l’incroyable vivacité de la création en France et dans notre région avec deux de ses représentants.

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Eleonore Plard – Vidéo « La lutte finale »

 

Vidéo, peinture, animation, sculpture, Irlande, art brut, handicap, Berlin, ateliers pour les jeunes, voilà quelques-uns des mots clés du projet 2017, L’art dans tous ses états, un projet qui veut inviter le public à rencontrer l’art contemporain, dans toutes ses formes et venu d’horizons proches ou lointains.  

Quelques détails en attendant plus !

  • La rencontre avec l’art brut avec la présentation des oeuvres de Mary Cody (peintre) et de Andrew Pike (créateur d’animations), tous deux résidents au KCAT, un centre d’art thérapeutique irlandais situé à Kilkenny (Irlande) et dédié aux personnes handicapées ;
  • la peinture en noir et blanc de Laurent Karagueuzian, un jeune artiste qui vit dans la Loire ;
  • une exposition des dernières oeuvres Manfred Schling, peintre berlinois représentant de la peinture informelle allemande, qui aime et connait bien la France ;
  • l’invitation d’Eleonore Plard, jeune vidéaste de Mayenne qui en sus de l’exposition animera un atelier vidéo en août pour les enfants et adolescents ;
  • et l’étonnant travail sur bois de Roger Benoit, sculpteur marseillais.
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Mary Cody – Acrylique
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Manfred Schling

 

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Laurent Karagueuzian

 

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Roger Benoit

 


En maintenant, nos petits soucis d’organisation ! 

Jusqu’à maintenant, et depuis 9 ans, les expositions étaient organisées au 12 rue de la Châtelaine, espace mis à disposition depuis des années par la SCI Crépinge, et au 13 rue de la Châtelaine, jusqu’à présent généreusement prêtée par la Mairie de Saint-Bonnet-Le-Château.

Cette année, le 12 rue de la Châtelaine reste à la disposition de notre action, mais malheureusement le 13 – le lieu relevant de la gestion municipale – semble voué à d’autres actions.

Nous voilà donc à la recherche active d’un autre espace pour présenter les artistes avec qui nous nous sommes engagés pour l’été, et notamment MaryC Cody et l’art brut, Eleonore Plard et Roger Benoit.  

Mais qu’à cela ne tienne, plusieurs pistes s’ouvrent déjà à nous. Et soyez certain(e)s que cette nouvelle donne nous permettra d’inventer un nouveau mode de rencontre du public. A suivre. 

Retour sur l’été 2016 avec Eléonore

Bonjour à toutes et à tous.

Voici avant l’annonce du projet de l’été 2017, un petit retour sur la saison 2016 avec un extrait du mémoire réalisé par Eléonore Plard à la suite de son séjour parmi nous l’été dernier.
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Eléonore a depuis l’été continué sa route puisqu’elle a passé l’automne et l’hiver au KCAT (kcat.ie), centre d’art irlandais pour personnes handicapées. Elle sera de retour parmi nous en août 2017, mais cette fois-ci comme artiste invitée, et nous aurons le plaisir de découvrir la série de vidéos poétiques, tragiques, et souvent très drôles, qu’elle a réalisées depuis plusieurs années.

Son travail au KCAT, qui semble la passionner, a abouti au développement d’un partenariat Regards Sur / KCat qui devrait se concrétiser cette année 2017 par une exposition d’art brut en juillet au 13 rue de la Châtelaine. Plus d’informations courant mars.

 

Mais pour le moment, retour sur un été plein de réflexions.
Une des missions de Regards Sur est de donner à voir à un public, pas forcément conquis, de l’art contemporain de qualité dans un cadre de convivialité. Une de ces problématiques est donc de faire en sorte que ce public entre au sein des espaces, ce qui n’est pas facile.

Eléonore a très vite constaté que nombre de gens jettent en œil, hésitent puis partent sans avoir franchi la porte. Et cette interrogation est devenue sa problématique.


Pourquoi les visiteurs sont-ils réticents à entrer dans les galeries d’art à Saint-Bonnet-le-Château ? Petite étude de terrain. Par Eléonore Plard. 

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Durant ces deux mois, j’ai analysé les réactions des gens face aux expositions, face aux œuvres, en tentant de tenir un journal de bord et en interviewant quelques-uns. J’aurais voulu que ce journal soit plus riche, mais les nombreuses tâches qui m’incombaient – et notamment accueillir et accompagner le public – étaient souvent en contradiction avec la disponibilité nécessaire à l’observation. J’ai aussi mené une dizaine d’entretiens semi-formels.

Cet été, j’ai remarqué que beaucoup de gens n’osent pas entrer dans les galeries : souvent, ils hésitent, et puis s’en vont. Souvent, les gens ne sont pas attirés, certains ont peur de ne pas « comprendre. »  Parfois si je les interpellais, certains osaient franchir le pas. L’accueil est très important, mais je crois qu’il ne faut pas les forcer, il faut savoir rester à une certaine distance pour leur laisser le choix.

La plupart de ceux qui entrent sont intéressés, curieux, et aiment avoir des explications sur une œuvre […]. Beaucoup ont discuté avec moi, pas spécialement sur l’art, mais sur leur vie personnelle. […] J’ai remarqué que la plupart des gens sont très bavards. Ils ressentent le besoin d’exprimer leur ressenti ou ce que leur évoquent les œuvres, qu’ils les apprécient ou non. Je les ai trouvés globalement très ouverts, curieux, même pour les personnes qui n’ont pas l’habitude de s’intéresser à l’art. J’ai aussi constaté que la plupart des gens savent tout de suite s’ils apprécient une œuvre ou non, dès le premier contact. C’est comme une rencontre, une expérience qui se vit directement. […]

Parfois, il faut du temps pour apprécier les œuvres. Par exemple, les œuvres de Marika effrayaient souvent les gens, de par l’atmosphère qu’elles créaient dans le lieu (des personnages inquiétants dans un lieu ancien un peu sombre). Mais une fois que les visiteurs avaient pris le temps d’observer des détails, de mettre des mots sur leurs émotions, ils se familiarisaient avec les œuvres et, au fur et à mesure, ils les voyaient autrement, c’est à dire que la peur qu’ils avaient pu ressentir à l’entrée dans la galerie, se transformait en un sentiment plus apaisé.

Beaucoup de personnes ont apprécié les vidéos d’artistes que nous proposions : certaines montraient comment les artistes travaillent, d’autres étaient de simples entretiens. Dans les deux cas, ils les trouvaient accessibles, et très intéressantes. On peut faire l’hypothèse que ces vidéos favorisent, pour ceux qui les regardent, une proximité avec les œuvres, ce qui facilite l’appropriation, tout comme les échanges que j’ai pu avoir avec certains visiteurs autour des œuvres leur permettaient d’avoir un regard moins distancié, et de dire des choses qu’ils n’auraient pas forcément pensé s’ils avaient regardé seul(e)s ces œuvres.

Je me souviens d’un échange avec un visiteur : (il m’a dit que), habituellement, il ne s’intéressait pas ou peu à l’art. Je l’ai invité à observer les œuvres de Françoise Grataloup de plus près, et là il m’a confié ses réactions : il m’a expliqué ce qu’il appréciait et ce qu’il aimait moins (dans les couleurs, l’écriture sur les journaux, la composition du tableau), ce qu’il pouvait percevoir de concret (formes animales) dans l’abstrait. Au fur et à mesure, j’ai constaté qu’il avait de plus en plus plaisir à en parler. Cela nous a permis de confronter nos points de vue, et pour lui de découvrir un langage plus “sensoriel”, qui lui était alors inconnu.

De mon côté, j’ai compris qu’il était important d’avoir des ressources pour faire découvrir les œuvres : il faut savoir débloquer une situation quand c’est nécessaire. Par exemple, ça peut être par l’humour, ou en provoquant un effet de surprise chez le visiteur ; ou bien donner une information, simple, concrète, mais sans intervenir dans l’émotion de l’autre, permet souvent de décharger une angoisse ou un blocage, en laissant une libre expression.

Quelques éléments dégagés des entretiens :
I. La plupart des gens interviewés ne fréquentent pas souvent les musées d’art contemporain. Les musées, considérés souvent comme « de l’art en boîte », devraient être plus accessibles. Ils plaident pour un “art dans la vie quotidienne”, dans la rue, ouvert sur les autres, et non pas enfermé dans des musées.

II. Pour certains, l’appréciation d’une œuvre sera différente suivant le contexte, selon les personnes avec qui ils seront par exemple. [Pour eux] l’échange est important, car il permet de mettre des mots sur ce qui est ressenti. L’ouverture et la disponibilité sont également nécessaires.

III. Pour tous les interviewés (sauf un), l’art est praticable par tout le monde, du moment qu’il permet une liberté d’expression, ou un bien-être au même titre qu’une activité de loisir, comme le jardinage par exemple, pour peu que la personne éprouve quelque chose de satisfaisant. Cependant, un des interviewés souligne que cela ne veut pas dire être un artiste et avoir du talent.

17 et 18 décembre 2016 : Portes ouvertes au 12 rue de la Châtelaine

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C’est Noël !

Regards Sur vous propose un WE « Portes Ouvertes » au 12 rue de la Châtelaine avec café et thés gourmands, vin chaud. De 10h30 à 19h

Spécial enfants 5-12 ans

 Ateliers « Bricolage de Noël » pour les enfants de 5 à 12 ans (4€)

Samedi et dimanche à 11h, 15h, 16, et 17h

Groupes de 4 enfants, inscription conseillée !! 

Pour tous ! Ambiance piano et chants

Samedi et dimanche à 11 h 30 : Venez chanter aussi

ET aussi, vente à emporter des produits du terroir et du champagne

Venez nombreux !

Georges Bruchet au Prieuré de Saint-Romain-le-Puy – du 3 au 29 septembre

Une très belle exposition dans un lieu magnifique : Georges Bruchet a la chance de vous présenter ses sculptures en fer forgé installées du 3 au 29 septembre dans ce beau lieu de l’art roman. A ne pas manquer.

Ouvert tous les jours de 10 à 12 et de 14 à 19 h. Plus d’informations sur le site

NB – Georges Bruchet est un membre actif de Regards Sur depuis 3 ans. Il préside le comité de choix des artistes. Il est aussi le metteur en scène de toutes nos expositions.

28 août 2016 – Clôture des expositions « L’art à la Châtelaine »

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Avec la fin du mois d’août, les expositions se terminent mais c’est pour parler de demain qu’un petit pot de clôture a été organisé le samedi 27 août. La petite communauté de Regards Sur s’est réunie pour fêter une saison réussie. Eric Jousserand et Françoise Grataloup, artistes en août, étaient des nôtres.

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La nouvelle organisation mise en place par l’équipe de Regards Sur – des espaces ouverts 6 jours sur 7, 5 artistes invités pour un mois entier -, est une belle réussite et a fait ses preuves.

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La présence d’Eléonore Plard, jeune stagiaire étudiante aux Beaux-Arts d’Angers a été appréciée par tous. Sa disponibilité, son engagement, son intérêt pour l’art et les artistes, pour le public, et pour Saint-Bonnet-le Château n’y sont pas pour rien. Un grand merci à elle.

Les artistes ont remballé leurs oeuvres dans une atmosphère joyeuse et amicale. Nous leur souhaitons une belle continuation et vous donnerons de leurs nouvelles.

Après ce bel été, les projets sont nombreux. Nous vous tiendrons au courant.

L’équipe de Regards Sur.

 

L’atelier « peintre avec ses doigts »

S’inspirant de Marika, Eléonore a proposé vendredi 26 août deux ateliers de « peinture avec les doigts », un pour les enfants et un destiné aux adultes.  L’atelier a eu lieu dans la petite cour située au 12 rue de la Chatelaine.

Du papier, de la gouache et ses doigts… Et une grande facilité à créer, en direct avec ses émotions, ses humeurs, ses préoccupations PML

Question : sauriez-vous reconnaître les dessins des enfants (de 3 ans et demi à 11 ans) et des adultes ?

 

 

Quand Éléonore rencontre les œuvres de Marika…

Les œuvres de Marika m’évoquent un sentiment d’inquiétude. Ses personnages m’intriguent, m’attirent, mais je ne saurais expliquer clairement pourquoi. Ils semblent empreints de magie, sortis de rêves étranges, évoquant à la fois douceur et tristesse.

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Certains ont des yeux sans pupille, ils semblent vidés intérieurement, un peu perdus. On distingue beaucoup de personnages féminins, et des enfants difficiles  à repérer. Les personnages féminins ont un côté protecteur, mais paraissent parfois tristes. Souvent, deux personnages semblent en grande proximité – la mère et la fille, ou bien deux sœurs. Cela me touche particulièrement, c’est comme une fusion, un amour inconditionnel.

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J’aime beaucoup une des peintures où la mère pose une main sur la tête d’une petite fille, cette dernière semble apaisée.

Sur le grand format, à gauche et en haut, un ange noir semble vouloir retenir une femme endormie, qui elle, porte une robe blanche. Une fillette tombe, la tête la première.

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Tout en haut, une petite tête qui ressemble à un lutin. A droite, deux fillettes avec des ailes d’anges, et sur leurs têtes, comme des cornes qui poussent, de couleur orange. Elles flottent dans l’espace, heureuses d’être ensemble. Rien, autour d’elles, ne peut rompre leur union.

Des visages surgissent, nous fixant, comme pour parler, affirmer leurs présences. Ils sont noirs de peau, les yeux parfois blancs, un peu comme des fantômes.

Une femme englobe dans sa robe noire, une autre femme avec une longue chevelure blanche, comme si cette dernière séjournait à l’intérieur du corps de l’autre

. A gauche de l’oeuvre, une grande femme noire est protégée par un voile blanc. Elle semble une magicienne avec son grand chapeau noir légèrement pointu. Peut-être s’agit-il d’un haut chignon ? Elle observe cette femme qui ferme les yeux, au centre de la peinture. Cette dernière semble centrée sur elle-même. Elle paraît sereine, contrairement aux autres personnages. Ses mains sont posées sur ses cuisses, comme pour se protéger. Ses cheveux sont gris. A sa droite, une femme semble désorientée, salie, la paume de la main tournée vers le haut. Elle paraît jeune et vieille à la fois, comme si son corps était resté dans l’enfance, quand son esprit avait déjà vécu tant de choses.

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Dans ce tableau, comme souvent  dans cette série exposée, les cheveux des femmes remontent  vers le haut. Les créatures blondes semblent légères, elles volent. L’une d’elles a des ailes, on dirait un ange. Une autre m’intrigue : elle a un œil au niveau du cou. Ses cheveux s’élèvent vers une autre femme, qui a l’air plus jeune. Elle paraît heureuse. Toutes sont gracieuses, féminines. Leurs cheveux sont comme des liens, ondulant les uns vers les autres. Les femmes qui ferment les yeux semblent réconciliées avec elles-mêmes, avec autrui ?Quand d’autres paraissent déconnectées, cherchant encore …
Est-ce moi qui invente des histoires ? Peut-être.

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Sur un carton vertical, une femme-animal semble revenir de loin, avec une petite sur le dos. Elles nous regardent, disant « Hey ! Nous revoilà ! », comme après un long voyage… La mère a comme deux antennes sur la tête à la place des cheveux.

Ici, les personnages à gauche me font penser à une tribu. Ils sont proches, collés les uns aux autres. Ils ont l’air soudés, et ce sont plutôt des personnages masculins.

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Je distingue un androgyne. Il a un regard dur, et je n’arrive pas vraiment à distinguer s’il a des cheveux longs ou courts. A sa droite, un autre personnage, large d’épaules. A gauche, des personnages plus maigres. Une petite fille ange porte un soleil sur son pied droit, je trouve cela très poétique. C’est un peu comme si elle diffusait de la lumière vers les autres, comme une lueur d’espoir.

Tous ces personnages, ne font-ils pas partie d’une même famille ? Ou bien de plusieurs familles ? Une ou des familles à reconstituer, à rassembler ? Je réinvente ma propre histoire à travers eux.                                                                                                                              

Une chose est certaine, ils ne laissent pas indifférents. Ils nous invitent à plonger dans notre intériorité, notre intimité, laissent parler notre imaginaire et notre inconscient.