13 août 2016… les oeuvres d’Eric Jousserand se prélassent au soleil

Les belles céramiques d’Eric Jousserand, travaillées par la cuisson au raku semblent sensibles à la chaleur du soleil d’été de Saint-Bonnet.  La matière, les gris, les formes rondes éclatent sous la lumière et permettent de découvrir une oeuvre pleine de vie et de hasards.

Photos : Eleonore Plard

 

 


Technique du raku : La technique du raku yaki est un procédé de cuisson. Les pièces incandescentes peuvent être enfumées, trempées dans l’eau, brûlées ou laissées à l’air libre. Elles subissent un choc thermique important. La multitude des paramètres mis en jeu permet d’obtenir des résultats variant à l’infini, ce qui confère à la pièce, entièrement réalisée manuellement, la qualité d’objet unique.
Sources : wikipedia


 

 

14 août 2016 – Rencontre avec Françoise Grataloup, peintre

Son travail de création ne s’inscrit jamais dans un « style définitif ». Il s’effectue généralement par séries, d’une dizaine de formats. Le jeu de matières constitue un élément récurrent dans sa démarche. Après une préparation minutieuse, le travail s’effectue par strate, simultanément sur les différents formats, à l’exception de la composition du collage, déterminante pour l’équilibre de l’oeuvre finale. Ces collages sont réalisés à l’aide d’affiches soigneusement choisies puis prélevées, à la manière des Décollagistes. Dans d’autres cas, il s’agit de papiers réalisés à part, à l’aide de différents outils et médiums, spécialement pour la série en cours. De ce travail, est née une exposition d’une belle unité, chaleureuse et équilibrée.

« Nul besoin de figurer: ma peinture est abstraite, avec un souci permanent de recherche d’équilibre. C’est le jeu de matières qui constitue la base de mon travail: acrylique, encre, pigments et collages en sont les principaux éléments. »

Inspirée dans cette série par les couleurs de l’Inde et sa grande diversité sociale, la peinture de Françoise Grataloup, riche et élaborée, nous offre de belles plages de bleu et d’ocre, où se superposent en une transparence sensible toute une gamme de dégradés.


Françoise Grataloup parle ici de sa démarche artistique, de son travail, de son rapport à la création. 

Entretien réalisé le 6 août 2016 à Saint-Bonnet-Le-Château par Eléonore Plard

 

 

6 août 2016 -Vernissage de l’exposition du mois d’août

convivial_02

Nouveau vernissage au 12 et 13 rue de la Châtelaine ce samedi 6 août en présence d’une quarantaine de personnes.

Durant tout le mois-d’août, Maryvonne Crépinge et l’équipe de Regards Sur recoivent 3 invité(e)s : deux femmes peintres, Françoise Grataloup et Marika, et un sculpteur céramiste, Eric Jousserand. La première vit au nord de Lyon, la seconde tout près du Puy-en-Velay et le troisième à Yssingeaux.

Nombreux, et intéressés, les visiteurs sont longuement discuté avec les artistes de leur création, des raisons pour lesquelles, tout d’un coup, on change de vie pour ne faire plus que de l’art. Car les trois artistes, si leur style est très différent et très personnel, ont tous en commun d’avoir un jour délibérément choisi de se tourner vers la peinture ou la sculpture.

Une ambiance conviviale a rassemblé une soixantaine de personnes au sein de laquelle on a pu apercevoir d’autres artistes comme Marie Jo Rouvière qui exposait l’an dernier au 12 rue de la Châtelaine.

 


Au 12 rue de la Châtelaine, on pouvait découvrir les oeuvres de Françoise Grataloup, au couleur de l’Inde, nouvelle série de cette peintre lyonnaise qui travaille par série de 10 tableaux, déclinant sous plusieurs formats une palette riche et soyeuse inscrustée de collages d’affiches de rue retravaillés.

 

Au 13 rue de la Châtelaine, Marika offrait à son public toute une série d’impressionnantes « créatures », étrange famille féminine en noir et blanc et doré.

Enfin, pour l’accompagner, Eric Jousserand proposait dans la partie intérieure de l’espace, comme au coeur d’une grotte, un bel ensemble de céramiques présentant quelques similitudes dans la forme avec de très grosses »dents de mamouth ».

 

12 Juillet 2016 – rencontre avec… Sebastien Alibert

Découvrir l’entretien réalisé par Eléonore Plard (Juillet 2016)

alibert_juillet2016Après un CAP et un bac professionnel en artisanat d’art à Aurillac, il fait trois ans à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Saint-Etienne et termine avec un BTS en communication visuelle.
Il exerce le métier de sculpteur et peintre, disciplines qu’il enseigne également à des publics adulte et enfant.
Il dit ne pas avoir de démarche artistique calculée. Néanmoins il travaille principalement la figure humaine, où il évoque toutes sortes d’émotions (solitude, désaroi, mise à nu), avec une touche onirique. Il dit « qu’il crée ce qu’il a envie, sans ligne directrice ».

Ses influences artistiques viennent beaucoup du cinéma, principalement italien (Pasolini, Antonioni). Néanmoins, il se nourrit de l’influence d’artistes très divers.
Ce qui l’intéresse dans la sculpture, c’est avant tout le rapport avec la matière, physique et brutal, qui est pour lui un exutoire. Il utilise des techniques variées telles que la taille sur pierre, le modelage, le coulage de bronze. Ce dernier travail est assez long, divisé en étapes distinctes : du moulage jusqu’à la sortie d’une épreuve en cire, destinée par la suite à la fonderie pour la réalisation de la sculpture.

Sébastien Alibert est un touche-à-tout, mais son rapport avec la sculpture est précis et puissant. A travers ses oeuvres, qu’il dote d’une forte tendance expressionniste, il nous touche et nous renvoie à des émotions profondes.

 

 

 

10 Juillet 2016 – Rencontre avec Jacques Prudhomme


Jacques Prud’homme a fait des études artistiques aux Beaux-Arts de Saint-Etienne en communication visuelle.

Graphiste de métier mais photographe autodidacte, il se consacre maintenant entièrement à cette activité, qu’il pratique en professionnel. Il travaille plus spécialement la photographie au sténopé depuis l’année 2004. C’est un réfugié chilien croisé dans les années 1990, et qui pratiquait cette technique pour gagner sa vie, qui lui fait découvrir le sténopé.

Pour réaliser ses sténopés Jacques Prud’homme utilise des canettes de boissons qu’il récupère et prépare. Si pour lui, le sténopé ressemble à un jeu d’enfant, ce qui l’intéresse, c’est le lâcher prise, ne pas être dans un désir de maîtrise absolue.

Dans l’exposition qui se tient à la Châtelaine, les photographies présentées ont pour thématique la ville de Saint-Etienne. Elles surgissent parfois d’un accident – un chien renverse en courant la canette et transforme l’image -, ou d’expérimentations que Jacques Prud’homme « bricole » toujours à la recherche de nouvelles façons de voir le monde.

Il explique qu’il « aime réaliser des photographies qui relèvent plus de la poésie que du reportage ». Il ajoute qu’il « n’aurait pas aimé être photographe professionnel et devoir répondre à des commandes ». Pour lui, la photographie doit être ludique.
Entre magie et mystère, l’humble et beau travail de Jacques Prudhomme évoque un univers proche du surréalisme. Ses photographies transcendent notre rapport au quotidien et nous amènent à observer de manière plus poétique l’espace urbain.

Entretien avec Jacques Prudhomme (Eleonore Plart)

Quand Éléonore rencontre les œuvres de Sébastien Alibert

Dès que l’on entre dans la salle où sont exposées les œuvres de Sébastien Alibert, un personnage nu, au fond de la salle, retient mon attention, celui au visage doré. Plus haut que les autres, il a un air effrayé, ou surpris. La nudité me fait penser à quelque-chose de pur, sans artifice.

p1010505.jpg

Devant lui, à terre, une poule morte.
poule.jpg
C’est l’oeuvre que je préfère (Golden age). Je la trouve à la fois drôle et tragique. Je ne savais pas si elle était animale ou robotisée. J’imaginais des pièces mécaniques à l’intérieur.Elle pond des œufs, épuisée de son triste sort. 

Deux personnages l’observent. Celui de gauche a l’air triste, il est assis, le dos voûté. Il a comme des épines qui lui pousse sur les jambes. Je pense à un de mes rêves, dans lequel une vieille dame se transformait en arbre. Ce rêve était une belle image de la mort, la femme se retrouve avec (dans) la nature, comme une renaissance. Mais ici, le personnage évoque l’emprisonnement, l’enfermement, comme si le temps qui passe était lassitude. Le personnage de droite est assis. Plus âgé, il semble fatigué.

 

masque.jpg
L’oeuvre située à l’entrée de la salle est une de mes favorites. Elle me fait penser à un masque à trois facettes, un trésor retrouvé dans une contrée lointaine.

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Au fond de la salle, un personnage est en train de marcher, s’appuyant sur un bâton, persévérant, luttant contre lui-même.

N’est-ce pas un peu ce que l’on mène tous ? Un combat avec soi-même, pour soi-même.

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Plus loin deux personnages figés dans la chute, comme suspendus dans le temps, dans un mouvement auquel on ne prête pas attention habituellement.  OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Quand on tombe, on se relève aussitôt. Ici, les corps sont crispés, en tension. La beauté des gestes me rappelle des mouvements de danse.

 

À la droite de l’entrée, un personnage au visage blanc et mou.

RIl sort de son oreille un énorme bloc grisâtre.
Comme dans un rêve, tout est déformé, surréaliste. Le visage fond, flasque, en dehors de la réalité, endormi, tandis que se déploie ce bloc informe. On pourrait penser qu’il ne s’arrêtera pas de grossir. On est dans un temps imperceptible, infini, où ce qui nous échappe habituellement devient visible.

 

L’oeuvre intitulée « La mue », est très belle. Un personnage tirant sa peau. Quelle peau ? Le vêtement ou la peau qui nous constitue ? Pourquoi l’enlève t-il ? Il ne OLYMPUS DIGITAL CAMERAla (se) supporte plus ? Il aimerait être quelqu’un d’autre ? Peut-être qu’il n’est pas vraiment lui-même…

Que cherche t-il ? Peut-être cherche-t-il un autre lui-même.Peut-être que l’on est pas réellement ce que l’on croit être…

 

 

 

tete_cire_2016.jpg

Dans la salle noire, un buste d’homme réalisé en paraffine, aux traits expressifs, le visage dur. Une petite flamme illumine la tête. Et la dévore.

Il disparaîtra progressivement, à la lueur des bougies, le visage nous fixant, jusqu’à la chute de la tête sur le sol. Un rapport à la mort, au temps.

 

Les œuvres de Sébastien Alibert me font réfléchir, avec une expression forte, intense et avec beaucoup de précision, sur la condition humaine. Je pense que chacun d’entre nous peut se reconnaître dans les personnages, au moins un peu. Ils sont comme un reflet d’une partie de notre humanité, que l’on refoule, que l’on ne veut pas voir, que l’on a pas l’habitude de montrer. L’artiste pointe du doigt ce qui, bien souvent, ne doit pas être affiché aux autres. C’est un peu comme révéler, affirmer, ce qui fait de nous des êtres imparfaits.

 

 

9 juillet 2016 -Vernissage de l’exposition : un succès

Le samedi, à partir de 17h30, Maryvonne Crépinge, Georges Bruchet et touté l’équipe ont été heureux d’accueillir les quelques soixante-dix visiteurs venus découvrir les oeuvres de Sébastien Alibert (sculpteur) et de Jacques Prud’homme (photographe).


OLYMPUS DIGITAL CAMERASébastien Alibert devant son oeuvre « Tutuguri » (terre cuite et feuille d’or) 

Ce qui intéresse Sébastien Alibert dans la sculpture, c’est avant tout le rapport avec la matière, physique et brutal, qui est pour lui un exutoire.
Il utilise des techniques variées telles que la taille sur pierre, le modelage, le coulage de bronze. Ce dernier travail est assez long, divisé en étapes distinctes : du moulage jusqu’à la sortie d’une épreuve en cire, destinée par la suite à la fonderie pour la réalisation de la sculpture.Sébastien Alibert est un touche-à-tout, mais son rapport avec la sculpture est précis et puissant. A travers ses oeuvres, qu’il dote d’une forte tendance expressionniste, il nous touche et nous renvoie à des émotions profondes.

Jacques Prud’homme, photographe de sténopé

Le très beau travail de Jacques Prudhomme évoque un univers proche du surréalisme.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Dans l’exposition qui se tient à la Châtelaine, les photographies présentées ont pour thématique la ville de Saint-Etienne. Elles surgissent parfois d’un accident – un chien renverse en courant la canette et transforme l’image -, ou d’expérimentations que Jacques Prud’homme « bricole » toujours à la recherche de nouvelles façons de voir le monde.

Ses photographies transcendent notre rapport au quotidien et nous amènent à observer de manière plus poétique l’espace urbain.